lundi, mars 29, 2010

Ten Zan, l'ultime mission (1/2)

En 1987, un réalisateur italien de films de série B, Ferdinando Baldi, part en Corée du Nord avec toute son équipe pour tourner ce qui est sans doute à ce jour l'unique fiction occidentale jamais filmée à Pyongyang.

Baptisé "Ten Zan, l'ultime mission", ce véritable trésor nanar nous conte une histoire confuse d'espionnage, d'enlèvements, de courses poursuites échevelées et d'improbables expériences scientifiques sur de jeunes et jolies filles. Si l'histoire n'est pas supposée se dérouler en Corée du Nord, on s'amuse vite à repérer les éléments du décor coréen derrière la fiction vaguement futuriste.

"Ten Zan" prend ainsi une saveur documentaire assez particulière, tout en nous invitant, comme dans les meilleurs James Bond, à de l'action et de l'exotisme sous les palmiers...

Comme le note Patrick Maurus dans la revue Tan'gun (Comment peut-on être coréen ? 2008),

On reconnait par exemple dans ces immenses décors désertés le métro de Pyongyang. Ce gigantisme donne au film toute sa poésie désuète et tout son intérêt. Car l'absence totale d'allusion au contexte coréen permet au fond à Ten Zan de poser la question essentielle : et si Pyongyang n'était que ca, un énorme décor de cinéma ?

Rien que pour vous (énorme merci à Julien et aux joyeux allumés de Nanarland), voici quelques passages de ce film mythique.

Extrait un - Notre courageux héros, prénommé Lou Mamet, débarque un beau matin en gare de Pyongyang. Mais les méchants décident de l'enlever au chariot élévateur...



Ferdinando Baldi, qui a pris ici le pseudo de Ted Kaplan, est un réalisateur italien né en 1927, auteur d'une trentaine de films. A l'occasion de la projection de "Ten Zan" au festival d'Udine en 2000, il est revenu lors d'un entretien avec Lorenzo Codelli sur le tournage de cet incroyable projet. (L'interview a été reproduite dans la revue Tan'gun, 2008)

lc : Comment est né Ten Zan ?

fb : Nous venions de terminer
Un maledetto soldato (1987) aux Philippines, avec des fonds américains. Il faisait partie d'une série tournée pour le marché de la série B américaine, suite à War Bus qui avait très bien marché. Nos producteurs américains ont rencontré des responsables du cinéma nord-coréen au marché du film du festival de Cannes et ils avaient convenu de faire un film ensemble. Les Nord-Coréens cherchaient un projet. De notre côté, nous avions justement un film prêt à tourner soit aux Philippines, soit au Maroc. J'ai demandé si nous pouvions tourner sur place en Corée du Nord. Ayant réalisé des films à Singapour et en Inde, je me sentais prêt. C'est ainsi que nous avons rejoint Pyongyang depuis Pékin à bord d'un avion de l'Aéropostale !

Extrait deux - Notre héros, qui a été emmené de force au port de Nampo, parvient à s'échapper en bateau à l'aide de son compagnon. Une folle poursuite s'engage entre Nampo et Pyongyang, au milieu du trafic...



lc : Qui vous accompagnait ?

fb : Le directeur de la production Nino Milano. Nous avons demandé à des officiels de l'industrie cinématographique nord-coréenne - en anglais, via notre interprète - de nous prêter une voiture et un assistant pour les repérages. Nous avons attendu des jours et de jours et, finalement, on nous a trouvé un véhicule et un chauffeur avec qui nous avons pu visiter certaines parties de la ville. Ils n'avaient pas les moyens techniques de tourner un film de ce niveau (sic), mais tout le monde a toujours été très poli avec nous. Nous avions engagé un acteur américain de seconde zone, nommé Franck Zagarino, mais ils nous ont dit : "Quoi ! Un américain ! C'est absolument impossible !" Après des discussions à n'en plus finir, nous avons enfin pu le faire venir à Pyongyang. Le scénario prévoyait des scènes au bord de la mer et il nous a été très difficile d'obtenir la permission de nous rendre dans une ville de la côte. Puis, le voyage en bus a duré un jour et demi. Nous avions tout l'organisme cinématographique nord-coréen à notre entière disposition, mais nous avons tout de même dû enlever de nombreux passages du scénario.

Extrait trois - Lou Mamet décide de passer à l'hôtel Koryo chercher la sœur de son ami. Mais celle-ci est déjà partie prendre le métro...



La suite de l'interview, et du film, au prochain numéro !

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samedi, mars 06, 2010

Et maintenant tu cries "Je t'aime Maman !!!"

"Garde à vous les enfants", un reportage de Nathalie Touret et Julien Alric à Muju, en Corée du Sud, dans un camp d'entraînement des marines... pour enfants.

http://www.france24.com/fr/20100305-reporters-coree-sud-camps-vacances-militaires-muju-enfants-jeunes-entrainement

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jeudi, mars 04, 2010

Un nouveau tram pour Pyongyang

Pendant que la Corée du Sud lance le service commercial du futur concurrent du TVG (cf article publié hier dans La Croix), un peu plus au nord, un nouveau trolley bus flambant neuf roule dans les avenues de Pyongyang (remises à neuf il y a peu, elles aussi).

Photo ci-dessous prise par Kernbeisser (dont je recommande la lecture de la page flickr, exceptionnelle)


Il semblerait que ces nouveaux bus soient appelés à remplacer peu à peu la flotte brinquebalante et poétique des trolleys hors d'âge rachetés aux pays frères, et qui donnaient à Pyongyang tout son cachet...

Merci à Eric pour le tuyau !

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mercredi, mars 03, 2010

Et tu shonkes shonkes shonkes

Fabien vient de découvrir une véritable perle, qui se passe de commentaires :



L'artiste est Jo Hye-ryeon, une humoriste très populaire en Corée et au Japon.

Ce qui est remarquable (enfin...), c'est que les paroles en coréen ont une signification ! Pour les comprendre, il faut non seulement maîtriser l'argot coréen, mais aussi connaître le vocabulaire et les règles du go-stop, un jeu de cartes immensément populaire au Pays du Matin Calme.

Dans les 12 familles que compte le jeu, on trouve des "bi", des "pung", ainsi que des combinaisons comme les "bannières"... bien pratiques pour reconstituer dans la langue de Sejong les sonorités des paroles de cette brillante chanson française.

Zou, c'est parti :

Y a pas de saison pour que vive la musique
yae-ba-ra se-jang bul-go bi-beo-ryeo mu-ji-keo
Regarde ce gars, tu choppes 3 cartes, et tu jettes un "bi", quelque chose de gros

Au fond pas de saison pour que vive le son

pung-pal-eo se-jang-bad-go bi-beo-ryeo-sseong
Tu vends un "pung" et tu chopes 3 cartes et jette un "bi"

En marchant tu donnes une cadence à tes pas

o-ma-chim ti-do nae-noh-eun-chae-ro sseo-ttae-boa
Oh, à ce moment précis, alors que je jette une bannière, je dois payer pour tout le monde parce que quelqu'un la chope – mais sois cool, laisse passer

Tu sens la musique au bout de tes doigts

ju-so raep-mu-jik keu-bu-do dae-deok
주소 Rap musique (그부도 덕대)

Tu dis que la vie qu'on t'a donnée est faite pour ça
diu-di-keu lo-bi-gong-sa do-rae-hae yae-pae-do pol-sak
Dioudikeu un lobby pour projet immobilier, gagne ! Bien que tu tapes un gamin, baf !

Tant de choses grâce au son tu connaîtras
deo-jueo song-chu-ga-su song-juk-go ne-deu ga
Donne m'en plus, Song meurt et Ned il...

Ton cœur est un saphir de pick-up
ttong-cheo ae-i-ceu ssang-pi neo bi-kyeo
Passe ton tour pour piocher, as, double "bi", dégage de là

On a trouvé des décibels dans ton check-up
mueol-na-dueo be-i-bi duit-shim bae-al-lo don-ji-kyeo
Quoi ? Laisse moi tranquille baby, persévérance ! Je protège mon argent avec mon audace

{Refrain}

Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plaît
i-deu syong-keu ssong-keu-song seo-do pan-kkae-do doae
Ideushonkeshonkeshonk, meme si je perds, je casse le jeu, ca va

Et tu tapes tapes tapes tapes c'est ta façon d'aimer
i-ttae tta-tta tta-tta tta geo-shyeot-ta pan-sseol-lae-mae
Pendant ce temps-la, j'ai gagné Dakeoshyotapanseollaemae

Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit
sseu-ni meok-gi-do joh-a neon ssis-eot-go bu-do-na-ni
C'est tellement amer que c'est facile à manger, tu laves, parce que c'est en faillite

Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie
yae-boa-yo tto hal-la tu-gi yo-nom-bo-ni pol-li-seu
Regarde ce gamin, il pourrait se remettre à spéculer, ce gars doit être de la police


"Ton coeur est un saphir de pick up" ? Les paroles de la version coréenne sont plutôt une amélioration, finalement...


Un énorme bravo à Arnaud et à Philia pour ce beau travail de reconstitution ! Que les apprentis traducteurs n'hésitent pas à utiliser la section commentaires pour finir le travail...

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