lundi, juin 30, 2008

Démolition

La tour de refroidissement de la centrale nucléaire de Yongbyon, arrêtée depuis juillet 2007, et qui depuis a fait l'objet de multiples visites de la part d’experts américains et internationaux, a été démolie par les autorités nord-coréennes le 27 juin. Cet acte fait suite à la remise le mois dernier par Pyongyang de 18 000 pages de documentation sur son programme nucléaire au département d'Etat américain, ainsi qu'à la remise cette semaine à Pékin d'une déclaration sur l'état de ses activités nucléaires – une déclaration incomplète aux yeux de certains, car les informations sur un éventuel programme d'enrichissement d'uranium n'y seraient pas suffisamment detaillées.



Le processus de Pékin, malgré les nombreux mois de retard, continue. Les Etats-Unis, en dépit de leurs dissensions internes sur le sujet, devraient très bientôt retirer la Corée du Nord de la liste des états supportant le terrorisme. La Corée du Nord ne fait déjà plus partie des états tombant sur la loi du Trading with the Enemy Act. Cette destruction est un acte essentiellement symbolique - les principaux éléments du réacteur ont déja été démantelés -, et un pas de plus vers une normalisation des relations RPDC-US et vers une réintégration progressive de Pyongyang dans la communauté internationale.

Pendant que sur le plan diplomatique les choses s'améliorent nettement, la crise alimentaire se fait plus inquiétante que jamais. Le Programme Alimentaire Mondial (PAM) s'active et envoie des consultants aux quatres coins du pays faire des évaluations de la situation. Une aide importante est attendue pour bientôt.

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vendredi, juin 20, 2008

ChoJoogDong n'en peut pub

Les manifs à la bougie continuent, et font à présent presque partie du paysage séoulite. Photo prise hier soir à Euljiro, en rentrant du boulot.


Les activistes, outrés par le traitement de la contestation actuelle par les trois principaux journaux coréens (surnommés ChoJoongDong : Chosun Ilbo, JoongAng Ilbo et DongA Ilbo, tous trois conservateurs) qu'ils jugent biaisé, et par la position trop ouvertement pro-gouvermentale de ces médias, ont décidé de taper là où ça fait mal : leur couper les vivres en décourageant les annonceurs de publier leurs pubs dans ces journaux.

Je vous conseille la lecture de ce très intéressant article du Hankyoreh sur le sujet. Chaque jour est publiée sur internet la liste des entreprises ayant diffusé une pub dans l'un des trois journaux, avec les contacts pour envoyer des lettres de protestation. L'effet est radical et spectaculaire : d'après le Hankyoreh, les revenus publicitaires des 3 journaux pourraient avoir chuté de 40%.

Les journaux visés ont essayé de répliquer en faisant pression sur les principaux portails internet (comme Daum) et de nombreux sites web, sans succès.

C'est un nouvel exemple frappant du rôle désormais central d'internet comme source d'information et comme vecteur de mobilisation en Corée du Sud. Ce qui comporte certains désavantages : internet facilite aussi la propagation de fausses rumeurs ou d'informations déformées, et renforce le syndrome du mouton de Panurge... ce dont les Coréens n'ont pourtant pas vraiment besoin.

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samedi, juin 14, 2008

Une ajumma qui passe

Voici sans doute la vidéo coréenne la plus hilarante de l'année :



Tous ceux qui se sont déjà fait bousculer dans le métro par une ajumma prête à mordre et ceinturer quiconque s'interposera entre elle et la place assise qu'elle convoite comprendront. Elle ne reculera devant rien, projettera ses potentiels concurrents aux quatre coins de la rame - ou sous les rails si besoin est -, visera les pieds, ou les côtes, donnera de la voix... rien ni personne ne peut arrêter la course d'une ajumma qui passe.

Les ajummas (parfois orthographiées adjoumes) coréennes ont des vies dures : souffrant durant la première partie de leur vie du difficile statut de femme dans la société coréenne, elles atteignent, dépassée 50 ans, une situation sociale plus confortable : débarrassées de l'obligation d'être physiquement irréprochable et de leur belle-mère, devenues enfin chefs du foyer, l'éducation de leurs enfants achevée, le mari mis au pas, leur féminité quelque peu oubliée au passage, elles perdent toute inhibition et gêne. Elles ont le verbe haut et les hanches fortes, n'hésitent pas à la ramener à tout moment, et s'attendent à un peu de respect : le reste de la Corée leur doit bien ça.

Les ajummas d'aujourd’hui ont souvent été les petites fourmis oubliées du développement industriel spectaculaire de la Corée, ayant trimé pendant leur jeunesse dans les usines textiles (ou autres) du décollage économique. Portant toute la responsabilité du foyer sur leurs épaules face à des maris souvent absents ou buveurs, empêtrées de multiples obligations sociales et traditionnelles, les ajummas sont solides comme du roc. Et méritent en effet un peu de considération.

Tout cela n’excuse en rien le comportement pour le moins cavalier de notre ajumma en hanbok venue bousculer la mariée pour prendre possession de sa place manu militari sur son banc, et incapable d’attendre 10 secondes pour le faire. Contrairement à Gros Kim (j’ai trouvé cette vidéo sur son réjouissant site), je ne blâmerai pas ici le confucianisme, ce cas étant bien trop extrême et isolé pour en faire un exemple. Le confucianisme, même s’il exige le respect des anciens, oblige aussi ces derniers à un peu de tenue et de dignité. Aucun Coréen, quelque soit son âge, ne considèrerait ce comportement comme acceptable : il s’agit simplement d’un acte grossier d’une mamy complètement à l’ouest.

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jeudi, juin 12, 2008

La forteresse Lee

Mardi 10 juin, 500 000 citoyens (80 000 selon la police...) ont manifesté dans le centre de Séoul et dans d'autres villes du pays. Afin barrer l'accès à la Maison Bleue (le palais présidentiel) aux manifestants, le gouvernement a érigé une muraille en plein centre de Séoul, à Ganghwamun. Le résultat, avec l'amiral Yi en arrière plan, est pour le moins impressionnant pour qui connait l'endroit :

(photo Hankyoreh)

Pas moins de 60 containers été fixés les uns aux autres, et enduits de graisse pour empêcher les manifestants de grimper dessus.

La banderole déployée signifie "Félicitations ! La forteresse Lee Myung Bak, un repère qui fait date dans l’histoire de Séoul." De facétieux internautes ont même créé une page wikipedia dédiée à cette nouvelle attraction touristique.


Les manifestations du 10 juin se sont déroulées dans le calme ; à part couvrir les autorités de ridicule et boucher complètement la circulation pendant toute une matinée, la muraille, beau symbole d'un gouvernement sur la défensive, n'aura servi à rien.


Le taux de popularité de Lee est tombé à 17%. Il semble vouloir infléchir sa politique – même si rien ne changera concernant le boeuf américain -, a promis des mesures plus sociales, notamment... d'importantes réductions de facture de téléphone pour les plus démunis. Après la fracture sociale de Chirac, les Coréens inventent la fracture de téléphone... Le gouvernement, lui, a remis sa démission. On attend maintenant de savoir quels ministres seront remplacés.

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mardi, juin 10, 2008

Visite de Kaesong (3) – Perspectives

Cette visite de Kaesong m'a laissé une forte impression, en dehors du fait de pouvoir passer la frontière dans un simple bus.


C'est plutôt stimulant d'imaginer que Kaesong puisse, dans un futur proche, retrouver un peu de son influence d'autrefois. Sa localisation si proche de la frontière nord-sud, qui en fait aujourd'hui une zone particulièrement sous contrôle, peut devenir un atout. Si le rapprochement nord-sud se poursuit, sa situation géographique est en effet idéale : la ville est à 1 heure de Séoul, à 15 minutes de Ganghwa-do si le projet de pont reliant l'île au nord se réalise, à 2 heures de Pyongyang, à 1 heure d'Incheon et de son aéroport, et très proche d'un accès à la mer.

Projet de Hyundai Asan pour la zone industrielle

En raison de son expérience accumulée à travers cette expérience unique de coopération industrielle avec le sud, Kaesong sera la ville la plus prête à jouer le rôle d'intermédiaire si la situation inter-coréenne s'améliore. Une importante partie de ses habitants aura travaillé dans des entreprises modernes, se sera frotté aux contraintes d'une gestion fonctionnant selon les principes de l'économie de marché, et aura multiplié les contacts avec le sud.

Mais le futur de Kaesong n'est pas assuré pour autant : 11 des 13 hauts fonctionnaires sud-coréens travaillant à la tête du comité de gestion du parc ont été expulsés en mars par le nord, en raison de la dégradation des relations nord-sud. (Sont-ils revenus depuis ? Je n'ai pas réussi à trouver l'info.) Cela ne semble pas avoir perturbé le bon fonctionnement des entreprises présentes, ce qui laisse espérer que la zone puisse jouer un rôle moteur dans le rapprochement inter-coréen, en dépit des fluctuations politiques de part et d'autre de la frontière.

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lundi, juin 09, 2008

Visite de Kaesong (2) – Le Cirque

Une fois sorti du parc – via un nouveau checkpoint -, changement radical d'ambiance : on est au nord, le vrai, celui des larges rues vides impeccablement balayées, des petits pionniers avec leur foulard rouge qui font des signes de la main, des vélos qui tracent en faisant semblant de rien. Depuis ma dernière visite il y a presque un an, la ville n'a pas changé. Les affiches de propagande sont nombreuses sur le passage de nos bus, et la vitrine du supermarché de la ville offre toujours la même poignée de produits délavés par le soleil.

On ne peut pas prendre de photo lors des trajets ; lors du retour au sud, le contenu des appareils photos de la totalité des touristes (plusieurs centaines) sera systématiquement passé en revue.

Notre bus s'est mélangé à ceux des touristes sud-coréens, et nous visitons avec eux les passionnantes attractions de Kaesong : le pont avec la trace rouge – le sang d'un homme illustre -, la tortue dont il faut toucher le nez pour avoir de la force, le musée de Koryo, le petit temple. Kaesong, la fourmillante capitale de la dynastie Koryo (918-1392), c'est plus d'un millénaire d'histoire, jusqu'à un million d'habitants lors de son apogée, de nombreuses reliques qui ont échappé à la guerre, et une après-midi de visite au pas de course.

Philipe Pons du Monde a fait de cette excursion à Kaesong un excellent article :

Alors que l’autre site touristique nord-coréen, le mont Kumgang, ouvert depuis une dizaine d’années sur la côte orientale, est un vaste parc naturel délimité par des grillages et coupé du reste du pays, les visiteurs sont ici en pleine ville. Mais une ville réduite à un décor : les touristes n’ont qu’un aperçu rapide et frustrant de ce que fut cette ancienne capitale devenue par la suite une prospère cité de marchands et de lettrés. (...)

Lorsque les touristes sont en ville - de 9 heures à 16 heures -, les habitants de Kaesong sont tenus à l'écart des sites. Sur le passage du convoi, les rues perpendiculaires aux grandes avenues empruntées sont gardées par des policiers. La dizaine de bus - dont les plaques minéralogiques sud-coréennes sont voilées - évitent les monuments à la gloire du régime, telle la gigantesque statue de bronze du Grand Leader Kim Il-sung, le bras levé indiquant la Voie, qui domine la ville et que l'on ne fera qu'entrevoir sur sa hauteur. Seuls des panneaux muraux représentant un soldat écrasant du poing un char impérialiste ou des slogans en gros caractères sur le Soleil du XXIe siècle (le dirigeant Kim Jong-il) rappellent l'idéologie ambiante.


La visite se fait au milieu d'une armée d'ajumas en casquette, une vision surréaliste en Corée du Nord. On se croirait presque à Gyeongbokgung un jour de fête. La plupart des touristes sont surexcités, mitraillent de photos les endroits autorisés, achètent alcools, ginseng, et bile d'ours. Je me demande comment les Nord-Coréens, impassibles, perçoivent leurs frères du sud, venus se chercher une simple dose de sensations fortes dans ce qui est leur quotidien.

300 touristes pour deux pavillons. La Corée du Nord, c'était mieux avant.

Je n'ai toujours pas eu la chance de visiter la vieille ville, ses belles maisons traditionnelles le long d'un petit canal entr'aperçu du bus… Un jour, c'est promis, j'y arriverai.

Toujours Pons:

Les visites à Kaesong, ouvertes aux étrangers, ont été autorisées par le dirigeant Kim Jong-il lors du sommet intercoréen d'octobre 2007 après trois ans de laborieuses négociations. C'est une opération rentable pour la RPDC qui encaisse 100 dollars sur les 195 déboursés par chaque touriste - soit environ 1 million de dollars par mois (plus de 645.000 euros), presque autant que ce que rapportent les 13.000 employés de la zone industrielle de Kaesong... A ces royalties s'ajoutent les achats de souvenirs dans les boutiques flambant neuves des sites, abondamment fournies en ginseng sous toutes ses formes, alcools locaux variés, champignons séchés (dont raffolent Coréens et Japonais)... Tout est réglé en dollars.

Oui, la Corée du Nord a un intérêt financier à ouvrir Kaesong aux touristes du sud; cependant, à l'instar de ce qui se passe dans le parc industriel, c'est aussi un moyen supplémentaire pour les deux peuples de tenter de se rapprocher. Tous les touristes du sud ne sont pas des décérébrés venus visiter leur Jurassic Park national. Les guides nord-coréens se montrent curieux, et dialoguent ouvertement, posent des questions. Ils sont parfaitement au courant de l'actualité sud-coréenne : Lee Myung-Bak, les accords de libre échange, la réussite économique du sud. Le sujet de la réunification est évoqué en permanence.

Ces échanges sont biaisés, faussés, lourds de non-dits, certes ; mais ils restent des échanges.

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vendredi, juin 06, 2008

Visite de Kaesong (1) – Le Parc

J'ai eu la chance mercredi de pouvoir me rendre à Kaesong, une ville nord-coréenne (300 000 habitants) située à quelques kilomètres au nord de la DMZ – en 1945, la ville appartenait encore à la partie sud. Se trouvant près de Panmunjeom, Kaesong a été très partiellement ouverte aux touristes sud-coréens depuis fin 2007 ; ce point faisant partie des accords obtenus lors de la rencontre au sommet entre Kim Jong-Il et Roh Moo-Hyun en octobre 2007.

La visite a commencé par le parc industriel, situé à quelques kilomètres de la ville. C'est une zone économique spéciale, ouverte en 2003 en coopération avec les deux pays, et dans laquelle les entreprises du sud sont invitées à s'installer et à y investir.

C'est un sentiment très étrange que de passer la DMZ en bus, tout simplement, après un bref contrôle de passeport côté sud. Sans embouteillage, Kaesong n'est qu'à une heure de route de Séoul. On laisse son portable à la station de Dorasan, on remonte dans le bus, et zou ! on se retrouve déjà au beau milieu de la campagne nord-coréenne. En comparaison aux vols Air Koryo, on notera le progrès...

Aujourd'hui, 70 entreprises s'y sont installées ( en grande majorité sud-coréennes, plus deux chinoises et une allemande), pour une production variée : montres de luxe, produits de beauté, électronique, slips et soutifs, etc. Elles y emploient 28 500 nord-coréens et 1 000 sud-coréens, ces derniers gardant surtout des fonctions d'encadrement. La main d'œuvre nord-coréenne du parc est 2,5 fois meilleure marché que la main d'œuvre chinoise : le salaire moyen est de 70 dollars par mois. Il est versé aux autorités nord-coréennes, qui le redistribuent aux employés sous forme de monnaie locale et de coupons.

L'avantage pour les entreprises coréennes est évident : la main d'œuvre ne coûte presque rien, est éduquée, productive, et parle la même langue. Suffisamment d'attraits pour accepter les checkpoints et les procédures que l'on devine longues. Les produits fabriqués à Kaesong sont d'ailleurs l'objet de nombreux conflits lors des négociations d'accords de libre échange (ALE), notamment avec les Etats-Unis (pas encore ratifié) et l'Europe (en négociation) : faut-il les inclure dans ces ALE en tant que produits sud-coréens ?

Visite de l'entreprise Romanson (montres et bijoux). Au fond, tenant un téléphone, le contremaître (du sud).

Construit sous l'impulsion de Hyundai Asan (aussi organisateur des voyages à Kumgangsan), le parc est relié au sud pour son électricité et ses lignes téléphoniques, est desservi par une route et une voie de chemin de fer, et possède sa station de pompiers et son propre réseau d'assainissement ; plus anecdotique mais plus frappant, on y trouve aussi une banque (Woori), et quelques Family Mart. Au total, trois phases sont prévues, pour un projet final pharaonique : 40 km2, des appateuh pour les travailleurs du sud, des gratte-ciels, des hôtels, des salles de congrès, etc.

Une banque Woori, un Family Mart, et des Bongos presque neufs : malgré les apparences, on est au nord.

Les Sud-Coréens portent des jeans, les Nord-Coréens arborent les badges de leurs leaders, tout ce monde travaille ensemble et semble cohabiter sans problème. D'après les quelques échanges dont j'ai pu être témoin, on sent l'habitude, les liens personnels tissés. Certains Nord-Coréens croisés ont des attitudes étonnantes, car nouvelles pour moi : très ouverts, presque cools. J'ai vu un professeur (du sud) donner des cours de dessin technique assisté par ordi à des ouvrières (du nord). Sur les murs des ateliers, le consensuel 통일 (réunification), calligraphié, sert de seul décoration.

Le parc industriel de Kaesong m'est apparu comme un formidable laboratoire en vue d'une lointaine et hypothétique réunification. Un lieu où le sud et le nord ont enfin l'opportunité d'apprendre à travailler ensemble (même si pour le moment ce sont essentiellement des rapports de chef à subordonné), et à coopérer sur des projets industriels. Mélangeant un apport de capitaux, de technologie et de savoir-faire du sud-coréen, à la main d'œuvre appliquée et éduquée du nord, ce parc permet d'envisager la possibilité d'un décollage économique rapide de la Corée du Nord, si toutefois cette dernière parvient un jour à amorcer une ouverture politique et économique.

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mercredi, juin 04, 2008

Nouveau blog

Je vous invite à aller visiter notre nouveau projet de blog à plusieurs mains intitulé Orient, ou rien ; un blog francophone où nous tenterons de faire croiser divers regards sur l'Asie, de l'Afghanistan à la Chine, en passant par la Corée bien sûr.

Pour les débuts, Lydiane en Chine a rejoint l'équipe déjà formée par Vincent en Corée et Julien, ballotté entre l'Afghanistan et le Tadjikistan. Nous partons insouciants, sans trop savoir où l'expérience nous mènera, et la bête évoluera très probablement au fur et à mesure des messages postés et des commentaires laissés.

Vous pouvez d'ores et déjà y lire les deux premiers messages, un texte sur Henry de Monfreid, et une investigation de terrain, un test in vivo de la nouvelle loi coréenne censée donner les mêmes droits bancaires aux étrangers... c'est pas gagné.

De mon côté, même si contributeur sur ce nouveau projet, je continuerai bien sûr ces Carnets. Je serai aujourd'hui à Kaesong, au nord de la DMZ, pour une visite du parc industriel sud-coréen et de la vieille ville ; j'espère pouvoir en vous en faire un compte-rendu dans les prochains jours.

mardi, juin 03, 2008

Brève de pojangmacha

La scène se passe devant un pochangmacha (1) d'Euljiro, au dessus d'un ttokbukki bouillonnant gentiment, et de quelques fritures. L'ajuma, la soixante-dizaine bien tassée, et un lumineux sourire auquel manquent quelques dents:

- Oh la qu'est-ce que vous parlez bien coréen pour un Américain !
- Merci, mais je parle pas très bien. Et puis je suis pas américain.
- Ah bon ? Vous venez d'où ?
- Je viens de France.
- D'o
ù ?
- De Peu-rang-seu.
- Ah, de France ! ... mais euh... la France, c'est pas dans les États-Unis ?

Son mari, même âge et encore moins de dents, la rabroue en maugréant. Je me marre. Pour se faire pardonner ses approximatives notions de géopolitique, elle me ressert gratuitement une friture de poulpe.


(1) Petite tente située dans la rue, servant des plats simples pris sur le pouce et que l'on mange debout.

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lundi, juin 02, 2008

Les filles de Pyongyang

Continuons notre exploration ébouriffante de la pop nord-coréenne, ou encore 조선가요 ("Joseon Gayo"), comme ils disent. Voici aujourd'hui un clip intitulé 처녀시절, littéralement "la saison des vierges", plus joliment traduisible par "le temps des jeunes filles".

Que font les demoiselles de Pyongyang quand elles ne sont pas occupées à construire la révolution ? Elles prennent leurs maillots de bain et vont au parc d'attraction, bien sur :


Ce n'est sans doute pas la plus populaire des ballades made in DPRK, ni la plus célèbre... je vous laisse cependant apprécier son côté hors d'âge et largement niais, ses plages de sons synthétiques, et son érotisme discret... pour un résultat très seventies et encore plus kitsch que la moyenne de ce type de production.

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