jeudi, avril 26, 2007

Le bon exemple

Les Français n'aiment pas payer leurs impôts. Une bonne tradition nationale (salut Johnny) que nos dévoués diplomates, toujours prêts à faire briller la culture et l'exception française à l'étranger, commencent à répandre en Corée. D'après cet article du Hankyoreh, l'ambassade de France à Séoul refuse de payer US$64 700 de taxes sur l'immobilier au gouvernement coréen depuis 2005. Article (en anglais) ici.

Après l'affaire des archives royales, voila qui va sans doute encore améliorer les relations franco-coréennes. Et pour pas cher en plus !

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dimanche, avril 22, 2007

똥침

Découvert en cours de coréen cette semaine un nouvel aspect plutôt piquant de la culture coréenne : le ddongtchim (똥침), que l'on pourrait traduire par "piqûre caca". Petite taquinerie parait-il courante entre amis, elle consiste à joindre les indexs (voir figure ci-contre) et à ensuite viser, par surprise, le postérieur de vos amis, collègues, etc. Nicolas m'a certifié qu'il y a dix ans, quand il travaillait en Corée, il a vu ses collègues, filles et garçons, se faire la blague au bureau. Une rapide recherche naver donne une idée de l'étendue de cette délicate coutume.

C'est aussi le sujet d'un récent fait divers plutôt hilarant… Un jeune employé de bureau bourré, qui était allé au sauna avec quelques collègues un soir après une soirée bien arrosée, a décidé, joueur, de faire la blague à son camarade d'université qu'il avait cru reconnaître parmi les dormeurs en pyjama… (on peut dormir dans les saunas coréens) Il met donc ses doigts en position, et vlan ! attaque violemment le séant dudit ami… lequel se retourne en hurlant, et se révèle être une brave mère de famille de 45 ans, plutôt mécontente de se faire réveiller de façon si cavalière. Scandale dans le sauna, la police arrive, et emmène le jeune homme qui s'est depuis fait inculper pour harcèlement sexuel.

Le ddongtchim est aussi utilisé en publicité, comme le montre cette affiche, trouvée dans les couloirs de mon institut de coréen (décidément):


On pourrait tenter de traduire le slogan par "Montrez-nous votre faculté de pénétration !"

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jeudi, avril 19, 2007

Massacre

L’auteur du massacre dans la fac américaine de Virginia Tech (32 morts) était un jeune Coréen de 23 ans, arrivé aux Etats-Unis quand il avait une dizaine d’année.

La Corée est en état de choc. On assiste à de nombreuses excuses officielles, des internautes déclarent leur honte sur le net. Le président Roh Moo-hyun a convoqué une conférence de presse uniquement sur ce sujet. Se sont aussi excusés publiquement son ministre des affaires étrangères, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, l’ambassadeur coréen à Washington Lee Tae-shik ; tous le font au nom de la Corée et de tous les Coréens. Encore plus étonnant, un sénateur américain mais d’origine ethnique coréenne (il a été adopté), Paull Shin, a présenté ses excuses au Sénat. De son coté, la Korea Tourism Association a stoppé la diffusion aux Etats-Unis de son spot publicitaire "Korea, Sparkling".

Voilà qui démontre, à l’extrême, le très fort sentiment d’appartenance à la communauté qui anime les Coréens. Les actions de l'un seul d'entre eux fait rejaillir la honte (ou la gloire, c'est selon) sur l'ensemble du groupe. Tous se sentent responsables. Cette conception de la nation comme d’une grande famille élargie, aux liens très forts, est difficile à saisir. Mais c'est une composante fondamentale de la société coréenne.

Mise à jour. Dessin tiré du Hankyoreh.
L'Américain: Ne viens pas. Pourquoi tu en fais trop ?
Le Coréen: C'est parce que je suis tellement désolé...

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mardi, avril 17, 2007

Encore triché

C'est devenu un gag. L'équipe de SNU (celle du fameux Dr. Hwang) qui avait récemment annoncé avoir réussi à cloner deux loups fait l'objet d'une nouvelle enquête pour falsification de leurs résultats.

Je ne comprends pas.

(merci à Joel pour le lien)

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dimanche, avril 15, 2007

Notes de voyage (3)

Nous avons passé 2 jours à Namhae (남해), qui est une grande île reliée par un pont à la péninsule coréenne. La côte sud est très morcelée, ce qui rend les paysages superbes ; il y a toujours, à l'horizon, d'autres îles, et on voit rarement la pleine mer. Le temps était superbe.

Nous avons longé la côte, nous arrêtant dans de petits villages pour y prendre des photos et nous y promener. Nous visitons le petit village de Gacheon (가천), célèbre pour son paysage de cultures en terrasse (ail au printemps, riz en été).

Et aussi pour ses très génitaux rochers Amsu (암수바위, qui signifie masculin-féminin) auxquels on dédie une cérémonie tous les ans, le 23ème jour du 10ème mois lunaire, pour obtenir récolte abondante et prospérité. On vient aussi y prier pour avoir des fils, et beaucoup de poissons (dixit l'affichette touristique posée à côté).

Sur la route, un Hilton Resort flambant neuf défigure le paysage ; horreur architecturale hors de prix où l'on peut venir jouer au golf en regardant les paysans trimer dans les champs quelques mètres plus loin.

Nous croisons un paysan qui laboure son champ avec un bœuf ; je crois rêver... c'est ce pays qui vient de signer un FTA avec les Etats-Unis. Nous descendons de voiture et discutons un peu avec lui. Ses enfants ont réussi, ont quitté le village et lui envoient de l'argent pour vivre. Mais il s'ennuie et continue de travailler son champ, pour le plaisir.

Nous arrivons le soir au village de Mulgeon (물건), d'où nous devons partir pêcher le lendemain. Nous dînons dans un restaurant minuscule du village, trois tables en formica et une antique télé Goldstar. La patronne et sa cuisinière, la quarantaine, la peau brune et tannée, la voix forte et un accent prononcé, curieuses (pensez, un Français à Mulgeon !) et joviales, ne cessent de nous ramener des plats gratuits. C'est la fin de la journée, elles s'assoient à la table d'à côté et vident quelques verres de soju. On bavarde. Quand elles apprennent le prix que nous fait payer le voisin pour une demi-journée de pêche, c'est l'indignation. Comment ! Demander un prix pareil ! Et à des étudiants en plus ! "Vous avez déjà payé ?" – première question, pragmatique. Non, nous n'avons pas déjà payé. Et voila mon ajuma qui décroche son téléphone pour aller remonter les bretelles au voisin indélicat. Ca discute sec au bout du fil. Le ton monte. Ici, l'étranger doit être bien accueilli ; chercher à le tromper, c'est vraiment ne pas savoir vivre. Finalement, elle nous présente un autre pêcheur, un grand-père de 70 ans qui nous emmènera pour moitié prix.

Nous partons pêcher le lendemain. Je suis un pêcheur lamentable, et les poissons m'emportent trois lignes avant que je n'arrive à un attraper un, minuscule. Je n'arrive pas à le saisir pour le détacher de l'hameçon ; vif, il frétille et me glisse entre les doigts. Le pêcheur me regarde du coin de l'œil et se fout de ma gueule en douce. Puis il va chercher un couteau, brosse un peu le bastingage, y coupe en fines lamelles le poisson encore vivant et quelques autres fruits de mer qu'il sort de sa soute, de même qu'un peu d'ail, de la sauce au piment rouge, et une bouteille d'un litre et demi de soju. On trempe le poisson dans la sauce, et on mange. Difficile de faire plus frais... le poisson nageait encore il y a trois minutes. Le pêcheur a cinq enfants, quatre filles parties vivre à Séoul, et un fils à Pusan, qui viennent le voir deux fois par an. Lui est resté à Mulgeon avec sa femme. Il parait beaucoup moins que son âge. Chaque fois qu'il a un creux, il va se couper un petit poisson. Il a aussi une bonne descente, et me tend souvent son gobelet plein de soju.

Namhae était sans doute la meilleure partie de ce voyage. Beaucoup de superbes souvenirs. Nous partons le soir pour Geojae (거재).

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vendredi, avril 13, 2007

Notes de voyage (2)

Sur la route pour Namhae, on s'est arrêté dans le petit temple de Daeheungsa (대흥사, photo ci-dessus), temple mal fichu, entouré de nouveaux pavillons encore en construction, et avec un énorme parking devant.

Toujours sur la route, on s'est arrêté aux célèbres plantations de thé de Boseong. Malheureusement, c'est dimanche, et il y a foule. Des cars entiers de touristes, des voyages scolaires, ça crie de partout et se prend en photo entre les rangées de théiers. Ci-contre, une photo typique d'ajumes qui posent entre copines, avec leur éternelle visière.

On est arrivé en début de soirée à Namhae. Pris notre dîner dans un petit restaurant traditionnel, dont le patron, l'air un peu artiste, nous apporte chaque plat en nous demandant "Etes-vous heureux?". Nous mangeons du poisson et des coquillages, crus et trempés dans la sauce au piment rouge ou la sauce au wasabi. Délicieux.

Au petit matin, bonheur ; au pied de notre minbak repose un minuscule port de pêche, splendide.

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Expositions coréennes à Paris

Le critique d'art Lunettes Rouges du Monde a découvert quelques artistes coréens à Paris, et fait part de ses commentaires sur son blog.

(Photo de Bae Bien-U)

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jeudi, avril 12, 2007

Notes de voyage

Nous avons commencé notre voyage par Ddangggeut (땅끝, photo ci-dessus), qui se trouve à la pointe sud-est de la Corée. Je ne sais pas si c'est la fatigue, ou le temps un peu brumeux, mais je suis déçu. C'est un petit port, sans aucun charme particulier. Une grosse tour à l'architecture agressive a été construite pour les visiteurs, on y accède par un train à crémaillère dans lequel un haut-parleur braille de la pub. Les touristes coréens s'y pressent, on prend des photos. Partir, vite.

Arrivée le soir au temple de Mihwangsa (미황사) dans lequel nous avons passé la nuit. Mihwangsa appartient à la secte Jogye. Situé au sommet d'une montagne, le panorama y est splendide. Repas végétarien, il ne faut rien laisser dans l'assiette. Prière le soir. Les chants bouddhiques, à plusieurs voix, rythmé par les moines qui tapent sur des petites coques en bois, sont superbes, graves et profonds. Le soir, avant d'aller se coucher, on s'essaie à la méditation. Je n'arrive toujours pas à faire en sorte que mes genoux touchent le sol quand je m'assois en tailleur ; j'ai mal aux jambes au bout de cinq minutes, je n'arrive pas à me concentrer sur ma respiration, puis j'ai mal au dos, je remue un peu dans tous les sens pour avoir moins mal. Pour faire le vide, c'est raté. Echec. Chacun rejoint sa cellule et se couche.

Réveil à quatre heures pour le premier service. Le temple est glacial. Repas à 6 heures. Je pars me balader avec un moine qui me montre les stupas où sont conservés les saris des anciens moines. Les saris sont de petits cailloux qu'on retrouve parmi les cendres des hommes saints après leur crémation. Puis on est parti balayer le temple, ou plutôt aller secouer la poussière de la grande esplanade. C'est inutile mais c'est joli. Zen, sans doute.

On a discuté un peu avec les bosals, ces femmes qui vivent dans les temples et qui s'occupent de l'intendance, cuisine et ménage, pendant que les moines prient, méditent, et philosophent. L'ambiance est joyeuse, grosses blagues et rires francs. Rien de la solennité à laquelle on pourrait s'attendre, et c'est tant mieux. Des enfants sont la, et grignotent les bananes qui étaient laissées en offrande la veille sur l'autel. On a dit au revoir à tout le monde, et on a pris la route pour Namhae.

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mardi, avril 10, 2007

De Geojae

Nous sommes maintenant près de Geojae. Je n'ai pas le temps de décrire les deux superbes journées passées à Namhae, je le ferai plus tard. Cette île, plutôt méconnue et très éloignée de Séoul, est splendide. Les habitants y sont extrêmement accueillants et chaleureux, avec un accent a couper au couteau : c'est le Gyeonsangdo ici. Une autre Corée, un autre monde.

Ci-dessus, une photo du village de Gacheon (가천).

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dimanche, avril 08, 2007

De Namhae

J'écris d'un PC bang de Namhae (남해), où nous sommes arrivés ce soir après un périple qui nous a fait passer par Mokpo, Haenam (해남), Ddanggeut (땅끝, littéralement la “fin de la terre”, le finistère coréen en quelque sorte), Boseong (보성) et dormir dans le petit temple de Mihwangsa (미황사). Nous avons fait trop de route pour l'instant pour vraiment profiter du voyage.

Dans le train pour Mokpo, un petit vieux tout tremblant et voûté était assis à côté de moi. Il était assoupi la plupart du temps, et marmonnait le nom des gares dans lesquelles le train s'arrêtait. Et puis soudain, lorsque le chariot de consommations est passé, il a retrouvé ses esprits, a acheté deux bières, et m'en a tendu une après avoir versé dedans un peu de la boisson au ginseng qu'il sirotait depuis notre depart de Séoul. Le tout sans dire un seul mot... est-ce parce qu'il était persuadé qu'on ne se comprendrait pas, ou tout simplement parce que les mots ne sont plus vraiment nécessaires à son âge ?

Nous avons bu nos bières en silence, en regardant le paysage défiler. Il était 10H du matin...

Je ne sais pas si un jour je comprendrai ce pays, mais en tout cas il s'arrange vraiment pour que je m'y sente bien.

Je pensais à ca lorsque le petit vieux a lancé une bruyante série de rots, et s'est allumé une cigarette alors que le train entier est non-fumeur. Bon, j'ai rien dit.

Plus de détails sur le reste du voyage plus tard !

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vendredi, avril 06, 2007

Les mers du sud

Je pars demain pour 5 jours de voyage dans le sud de la Corée, autour de Haenam et Namhae (voir carte), voyage sponsorisé par la Korea Tourism Organization. Je vais essayer de maintenir le blog à jour et d'uploader quelques photos pendant cette petite escapade.

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Epatants appateuhs

Les promoteurs de grands ensembles immobiliers rivalisent d'inventivité et de bon goût pour donner des noms à leurs vastes projets qui défigurent la ville. Le nom de ces grandes barres d'immeubles se doit de sonner luxueux et moderne. L'anglais est donc de mode, et a été utilisé pour trouver les doux noms de Lotte Castle, Tower Palace, High Ville (하이빌), Bless Ville (블레스빌), Ever Ville (에버빌), Honors Ville (아너스빌, à la prononciation délicate, on n'est passé pas loin du "Anus Ville")...

Le français, tellement prestigieux et toujours classe, est donc souvent mis à contribution lui aussi, et a permis de forger de fort beaux noms de baptême, tels que Santé Ville (상떼빌), Centre Ville, Renaissance, Noble Riche (노블리치), Rose Ville (로즈빌), etc. On note aussi un involontaire mais rigolo Park Bof, par ailleurs sponsorisé par Bae Yongjun. Il y a aussi les indéfinis, tels Megatrium (메가트리움), The O Superium (디오슈페리움), Luminart (루미나트), ou encore un Beuteuteuh Ville (쁘떼뜨빌) qui nous reste toujours indéchiffrable et qui nous a plongé dans des abîmes d'incompréhension...

Le dernier exemple en date est lui mâtiné de grec et d'allemand ; à deux pas de chez moi vont bientôt être construits de nouveaux appateuhs, répondant au nom très martial d'Uberpolis (avec le umlaut et l'écusson, s'il vous plait). Un appateuh à la sécurité renforcée, sans doute.


(Merci à Julien pour en avoir déniché de très bons)

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jeudi, avril 05, 2007

Vieille pub Jinro (1959)


Une pub assez drôle pour le soju Jinro, datant de 1959.

Voilà peut-être une explication au comportement, beaucoup moins drôle, des marins coréens sur l'île de Kiribati...

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Eglise

Si si je vous assure, c'est bien une église : il y a une petite croix dessus. Et aussi un marché d'électronique au rez-de-chaussée, un fast-food, deux trois magasins et des pubs collées un peu partout.

Photo prise hier entre Namdaemun et Myeongdong.

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mercredi, avril 04, 2007

Photos

Voici de superbes photos de Corée, prises par Nicolas Monnot, dont le site flickr se trouve ici.

Une vue extraordinaire des ponts du fleuve Han, pris du haut de la tour KLI 63 de Yeouido.


Les champs de thé de Boseong (province de Jeolla-do)


Soldat sud-coréen à Panmunjeom (frontière Nord-Sud)

Merci à leur auteur !

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mardi, avril 03, 2007

Film coréen récompensé à Deauville

Puisqu'on parle de cinéma coréen (voir la section commentaires du post ci-dessous), le film coréen 왕의남자 (traduit en anglais par "King and the clown") vient de recevoir le prix du jury du festival du film asiatique de Deauville. Un bon exemple de film coréen grand public et d'excellente qualité, apparu notamment grâce à cette fameuse politique de quotas.

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