J'ai récemment découvert grâce à un reportage passionnant diffusé par Arte l'étendue des pratiques industrielles "d'obsolescence programmée" :
On y apprend notamment qu'Epson installe dans ses imprimantes des puces qui comptent les copies... et font tomber la machine en panne après un nombre programmé d'impressions. L'utilisateur s'entend ensuite dire qu'il est moins cher d'acheter une nouvelle imprimante que de réparer l'ancienne.
On découvre aussi que nos déchets électroniques finissent dans des décharges au Nigéria, avec les conséquences écologiques qu'on imagine.
J'ai démonté mon écran et séparé la carte fautive. Je suis allé au marché de l'électronique à Yongsan. Je suis allé dans un stand de réparation (PC Bank - 2ème étage - stand numéro 229).
Coût des 5 condensateurs et de leur soudure sur la carte : 4 euros.
Mon écran marche de nouveau.
J'ai économisé 300 euros (coût d'un nouvel écran) et épargné le mien aux décharges nigérianes.
Le quotidien sud-coréen Chosun Ilbo s'est intéressé à Jean-Vincent Placé, le vice-président de la région Ile de France, membre d'Europe Ecologie-Les Verts, et qualifié de "notre coréen national" par l'UMP Alain Marleix.
Le nouveau jeu favori des médias coréens, c'est de dénicher des fans européens de K-Pop, la soupe musicale ultra-formatée et commerciale qui sature les ondes en Corée du Sud.
Même si ces fans ne sont pas très nombreux : dernier exemple en Pologne. (merci à Pierre pour le lien)
Depuis que le centre culturel coréen à Paris a réussi en juin a remplir deux Zéniths de jeunes fondus européens de K-Pop, le sujet fait fureur en Corée. Pas un chauffeur de taxi à Séoul qui, une fois qu'il a appris ma nationalité, ne m'apprenne avec fierté à quel point les Français se passionnent pour sa culture musicale.
Le Pays du matin clair est désormais persuadé que la France n'écoute plus que 2PM, f(x), 2NE1, 8eight, SS501 ou TVXQ, comme sont appellés les derniers groupes à la mode, aux doux noms de code-barres.
A propos de vague et sans transition, des photos impressionnantes des glissements de terrain et des inondations qui ont ravagé le pays la semaine dernière (74 morts) (merci à Jeff pour le lien)
"La syphilis et la blennoragie étaient des problèmes très graves pendant la Seconde guerre mondiale, parce que beaucoup de soldats allemands ont été infectés après avoir couché avec des femmes françaises."
Sous prétexte de s'en prendre aux préjugés dont les Français seraient victimes depuis l'affaire DSK, le journaliste en profite pour rajouter sa propre couche d'idées reçues et de généralisations à l'emporte-pièce.
Je vous laisse savourer :
If you look around restaurants in Paris on weekdays, it is easy to spot cheating husbands and wives holding their lover’s hand over their meals.
This so-called Catholic nation seems to have been influenced greatly by the actions of leaders from the past and present. Whether under a French dictator, monarchy, republic, left-wing or right-wing leader, they all enjoyed a carefree sex life.
Des fausses pièces d'artillerie pour défendre Séoul
La Corée du Nord n'a pas le monopole des armes en carton : selon le quotidien sud-coréen Joongang Ilbo, une partie des 72 canons anti-aériens de 35 mm qui protégent Séoul sont factices.
C'est un escroc sud-coréen qui aurait vendu au ministère de la Défense ces "faux-canons", fabriqués en Corée du Sud, pour un montant de 4,5 millions de dollars.
To fool the ministry, Ahn shipped the fake guns to the United States and Hong Kong and then boomeranged them back to Korea, labeling them as imports from Switzerland, the police said.
L'info est à confirmer : cela semble absolument incroyable que l'armée n'ait pas testé ces armes avant de les installer.
Quatre auteures coréennes confirmées (telles Eun Hee-kyung ou Kim Ae-ran), six écrivains français qui ont voyagé dans la péninsule (comme Alain Robbe-Grillet), y ont vécu ou y vivent, telle est la rencontre inédite que l’Atelier des Cahiers propose « sur papier hanji », dans son deuxième volume de la collection Littératures.
Disponible en librairie, sur Amazon.fr, sur le site de la maison d'édition et très bientôt sur le site de la fnac.
60 photos - bel aperçu ici - seront exposées au musée présidentiel, en face de Cheongwadae (l'Elysée sud-coréen, derrière le palais de Gyeongbok-gung).
On l'oublie souvent, avant les affligeantes Wonder Pouffes et le bodybuildé La Pluie, la musique coréenne a connu un véritable âge d'or. Une époque hélas largement révolue, mais dont les perles parvenues jusqu'à nous continuent d'enchanter nos soirées séoulites.
La sélection musicale de cette semaine vous est présentée par Jeff.
Commençons par l'incontournable Kim Trio, avec sa somptueuse musique funk/soul. Ici, à la fin des années 70s.
Quelques années plus tard, début des années 80s donc, c'est SongGolMae qui nous offre l'inusable : "Toi que j'ai croisée par hasard" :
Continuons d'avancer dans les années 80s. 1987, on tombe sur un véritable ovni : Lee Jae-min, aux accents très Kraftwerkiens. Ici, "Le nom de ma copine" :
Nationalisme à la coréenne... ci-dessous, une pub qui passe en boucle à la télé.
Traduction :
Gamin coréen : "Laissez moi me présenter : je viens de Corée."
Gamin étranger blanc : "La Corée ?!?"
Voix off masculine : Il était un pays qu'il fallait sans cesse expliquer, expliquer et ré-expliquer Et c'est pourquoi le petit garçon avait toujours sur lui un globe terrestre. Le petit garçon a bien grandi... et pendant ce temps-la, son pays aussi a bien grandi.
Défilent alors sur le globe les inscriptions :
2002 : La Coupe du Monde 2009 : Le contrat nucléaire aux Emirats Arabes Unis (et paf les Français) 2010 : La Corée du Sud est cinquième au classement des médailles de JO de Vancouver 2010 : Sommet du G20 à Séoul
Homme coréen : "I'm from Korea."
Homme étranger blanc : "Daehanminguk !!!" (qui veut dire "Corée", en coréen)
Voix off féminine Maintenant ce pays peut se passer d'explications ! Et nous construisons une Corée encore plus mieux.
Cette campagne vous est offerte par la Commission pour la promotion de l'image de marque de la Corée et par le groupe Hyundai. Fin du spot.
C'est assez rigolo de constater que la Commission pour la promotion de l'image de marque de la Corée destine son message aux Coréens.
Enorme merci à Arnaud pour le lien et la traduction !
Le Sénégal vient de d'inaugurer - dans la controverse - une immense statue de 50 mètres, plus haute que la statue de la liberté. Elle est intitulée "Renaissance".
Elle est l'œuvre des artistes nord-coréens du studio d'état de Mansudae, à Pyongyang. A en croire le WSJ, 150 ouvriers nord-coréens se seraient rendus au Sénégal pour la construire. En échange, la Corée du Nord a reçu un terrain, qu'elle a ensuite revendu.
Ce n'est pas la première statue nord-coréenne vendue à un pays africain.
Ci-contre, une photo de celle de Laurent Kabila, de la République démocratique du Congo (trouvée sur l'excellent site NKeconwatch).
Avantage des statues nord-coréennes : elles sont simples, imposantes, et pas chères. "Seuls les Nord-Coréens pouvaient construire ma statue", a déclaré Abdoulaye Wade, le président du Sénégal.
Selon le WSJ, il semblerait que la Corée du Nord ait vendu une dizaine de monuments en Afrique, notamment au Bostwana.
(Le "saju", c'est l'art divinatoire coréen, et le "gunghap", la compatibilité d'un couple.)
Un dessin bien fait valant mieux qu'un long discours :
On trouve la terrible nouvelle en fin d'article :
In 2011, year of sin-myo, it is anticipated the clash between ``myo'' and ``yu'' of her marriage palace. In many cases, people who have their marriage palace damaged could end up in divorce.
Suite des péripéties en Corée du Nord des valeureux héros de Ten Zan , et de l'interview du réalisateur Ferdinando Baldi...
lc : Ensuite, vous avez fait venir toute votre équipe d'Italie ?
fb : Oui, le directeur de la photo, Marcello Masciocchi, et son opérateur, le célèbre cascadeur et maître d'armes Fredi Ungher, des acteurs italiens comme Marco di Gregorio et Sabrina Siani, l'acteur espagnol Rom Kristoff, le britannique Charles Borromel, et quelques autres. Mon assistant s'appelait Pak Chongju.
lc : Avez-vous tourné les scènes d'extérieur aux studios de Pyongyang ?
fb : Non. Il y avait une sorte d'immense complexe à peu près comparable à Cineccita, mais l'électricité fonctionnait mal. J'ai fait venir de Rome l'une de nos deux caméras, ainsi qu'un stock de pellicules Kodak. Il nous a été très compliqué d'obtenir des armes, accessoires pourtant indispensables au tournage d'un film de guerre ! Pour trouver un tank, cela a été encore plus difficile ! Ils nous ont donné finalement une camionnette que nous avons déguisée en tank. Nous avons donc dû tourner les scènes de bataille la nuit, car la supercherie se voyait moins dans le noir. Nous avons ainsi passé quinze nuits de tournage en plein hiver par moins dix-huit degrés ! Tout le monde est tombé malade, c'était effroyable !
Extrait quatre - Lou et Rick finissent par trouver la planque des méchants. Ceux-ci, qui ont des goûts raffinés, ont choisi l'académie confucéenne de Ryonggok : construite en 1656, elle est située sur les flancs de la montagne de Ryonggak, à une dizaine de kilomètres de Pyongyang. (très belles photos de Kernbeisser ici et ici).
Après des combats acharnés contre une armée véritablement redoutable, ils libèrent les jeunes filles.
lc : Combien de temps avez-vous travaillé en Corée du Nord ?
fb : En tout trois mois à partir d'octobre 1987. Ensuite, nous avons fait développer et monter le film à Rome. Nous avons ensuite envoyé une copie du film monté en Corée du Nord. Qui sait ce qu'ils ont bien pu en faire.
lc : Mais en fait, qu'est-ce que c'est Ten Zan ? Le film n'y fait aucunement référence.
fb : La colline de Ten Zan se trouve à Guadalcanal. C'est là qu'a eu lieu un massacre célèbre lors d'une bataille entre les troupes américaine et japonaise pendant la guerre du Pacifique. Le film a été rebaptisé The ultimate Mission (ou The last Mission) pour le marché international.
Extrait épilogue - Lapsus involontaire ou clin d'œil des dialoguistes... "Mais pourquoi ici ?", s'interroge Lou. "On a connu pire", lui répond Rick.
lc : Dans le film, la Corée du Nord est filmée comme un lieu futuriste et non pas comme un pays du Tiers monde, était-ce volontaire de votre part ?
fb : Oui, bien sûr. J'ai évité en toute conscience de filmer la réalité. Je ne suis pas allé à Pyongyang pour faire un film politique ! Le propos était donc volontairement futuriste. Mais, du coup, il y avait, je crois, un message implicite : s'ils le veulent, les Coréens du Nord pourront un jour arriver au niveau de développement d'autres pays, comme la Corée du Sud par exemple. Quant à moi, je retournerais volontiers là-bas pour faire un autre film dans un monde si ancestral, encore "non contaminé".
En 1987, un réalisateur italien de films de série B, Ferdinando Baldi, part en Corée du Nord avec toute son équipe pour tourner ce qui est sans doute à ce jour l'unique fiction occidentale jamais filmée à Pyongyang.
Baptisé "Ten Zan, l'ultime mission", ce véritable trésor nanar nous conte une histoire confuse d'espionnage, d'enlèvements, de courses poursuites échevelées et d'improbables expériences scientifiques sur de jeunes et jolies filles. Si l'histoire n'est pas supposée se dérouler en Corée du Nord, on s'amuse vite à repérer les éléments du décor coréen derrière la fiction vaguement futuriste.
"Ten Zan" prend ainsi une saveur documentaire assez particulière, tout en nous invitant, comme dans les meilleurs James Bond, à de l'action et de l'exotisme sous les palmiers...
Comme le note Patrick Maurus dans la revue Tan'gun (Comment peut-on être coréen ? 2008),
On reconnait par exemple dans ces immenses décors désertés le métro de Pyongyang. Ce gigantisme donne au film toute sa poésie désuète et tout son intérêt. Car l'absence totale d'allusion au contexte coréen permet au fond à Ten Zan de poser la question essentielle : et si Pyongyang n'était que ca, un énorme décor de cinéma ?
Rien que pour vous (énorme merci à Julien et aux joyeux allumés de Nanarland), voici quelques passages de ce film mythique.
Extrait un - Notre courageux héros, prénommé Lou Mamet, débarque un beau matin en gare de Pyongyang. Mais les méchants décident de l'enlever au chariot élévateur...
Ferdinando Baldi, qui a pris ici le pseudo de Ted Kaplan, est un réalisateur italien né en 1927, auteur d'une trentaine de films. A l'occasion de la projection de "Ten Zan" au festival d'Udine en 2000, il est revenu lors d'un entretien avec Lorenzo Codelli sur le tournage de cet incroyable projet. (L'interview a été reproduite dans la revue Tan'gun, 2008)
lc : Comment est né Ten Zan ?
fb : Nous venions de terminer Un maledetto soldato (1987) aux Philippines, avec des fonds américains. Il faisait partie d'une série tournée pour le marché de la série B américaine, suite à War Bus qui avait très bien marché. Nos producteurs américains ont rencontré des responsables du cinéma nord-coréen au marché du film du festival de Cannes et ils avaient convenu de faire un film ensemble. Les Nord-Coréens cherchaient un projet. De notre côté, nous avions justement un film prêt à tourner soit aux Philippines, soit au Maroc. J'ai demandé si nous pouvions tourner sur place en Corée du Nord. Ayant réalisé des films à Singapour et en Inde, je me sentais prêt. C'est ainsi que nous avons rejoint Pyongyang depuis Pékin à bord d'un avion de l'Aéropostale !
Extrait deux - Notre héros, qui a été emmené de force au port de Nampo, parvient à s'échapper en bateau à l'aide de son compagnon. Une folle poursuite s'engage entre Nampo et Pyongyang, au milieu du trafic...
lc : Qui vous accompagnait ?
fb : Le directeur de la production Nino Milano. Nous avons demandé à des officiels de l'industrie cinématographique nord-coréenne - en anglais, via notre interprète - de nous prêter une voiture et un assistant pour les repérages. Nous avons attendu des jours et de jours et, finalement, on nous a trouvé un véhicule et un chauffeur avec qui nous avons pu visiter certaines parties de la ville. Ils n'avaient pas les moyens techniques de tourner un film de ce niveau (sic), mais tout le monde a toujours été très poli avec nous. Nous avions engagé un acteur américain de seconde zone, nommé Franck Zagarino, mais ils nous ont dit : "Quoi ! Un américain ! C'est absolument impossible !" Après des discussions à n'en plus finir, nous avons enfin pu le faire venir à Pyongyang. Le scénario prévoyait des scènes au bord de la mer et il nous a été très difficile d'obtenir la permission de nous rendre dans une ville de la côte. Puis, le voyage en bus a duré un jour et demi. Nous avions tout l'organisme cinématographique nord-coréen à notre entière disposition, mais nous avons tout de même dû enlever de nombreux passages du scénario.
Extrait trois - Lou Mamet décide de passer à l'hôtel Koryo chercher la sœur de son ami. Mais celle-ci est déjà partie prendre le métro...
La suite de l'interview, et du film, au prochain numéro !
Pendant que la Corée du Sud lance le service commercial du futur concurrent du TVG (cf article publié hier dans La Croix), un peu plus au nord, un nouveau trolley bus flambant neuf roule dans les avenues de Pyongyang (remises à neuf il y a peu, elles aussi).
Photo ci-dessous prise par Kernbeisser (dont je recommande la lecture de la page flickr, exceptionnelle)
Il semblerait que ces nouveaux bus soient appelés à remplacer peu à peu la flotte brinquebalante et poétique des trolleys hors d'âge rachetés aux pays frères, et qui donnaient à Pyongyang tout son cachet...
Fabien vient de découvrir une véritable perle, qui se passe de commentaires :
L'artiste est Jo Hye-ryeon, une humoriste très populaire en Corée et au Japon.
Ce qui est remarquable (enfin...), c'est que les paroles en coréen ont une signification ! Pour les comprendre, il faut non seulement maîtriser l'argot coréen, mais aussi connaître le vocabulaire et les règles du go-stop, un jeu de cartes immensément populaire au Pays du Matin Calme.
Dans les 12 familles que compte le jeu, on trouve des "bi", des "pung", ainsi que des combinaisons comme les "bannières"... bien pratiques pour reconstituer dans la langue de Sejong les sonorités des paroles de cette brillante chanson française.
Zou, c'est parti :
Y a pas de saison pour que vive la musique yae-ba-ra se-jang bul-go bi-beo-ryeo mu-ji-keo Regarde ce gars, tu choppes 3 cartes, et tu jettes un "bi", quelque chose de gros Au fond pas de saison pour que vive le son pung-pal-eo se-jang-bad-go bi-beo-ryeo-sseong Tu vends un "pung" et tu chopes 3 cartes et jette un "bi" En marchant tu donnes une cadence à tes pas o-ma-chim ti-do nae-noh-eun-chae-ro sseo-ttae-boa Oh, à ce moment précis, alors que je jette une bannière, je dois payer pour tout le monde parce que quelqu'un la chope – mais sois cool, laisse passer Tu sens la musique au bout de tes doigts ju-so raep-mu-jik keu-bu-do dae-deok 주소 Rap musique (그부도 덕대)
Tu dis que la vie qu'on t'a donnée est faite pour ça diu-di-keu lo-bi-gong-sa do-rae-hae yae-pae-do pol-sak Dioudikeu un lobby pour projet immobilier, gagne ! Bien que tu tapes un gamin, baf !
Tant de choses grâce au son tu connaîtras deo-jueo song-chu-ga-su song-juk-go ne-deu ga Donne m'en plus, Song meurt et Ned il...
Ton cœur est un saphir de pick-up ttong-cheo ae-i-ceu ssang-pi neo bi-kyeo Passe ton tour pour piocher, as, double "bi", dégage de là
On a trouvé des décibels dans ton check-up mueol-na-dueo be-i-bi duit-shim bae-al-lo don-ji-kyeo Quoi ? Laisse moi tranquille baby, persévérance ! Je protège mon argent avec mon audace
{Refrain}
Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plaît i-deu syong-keu ssong-keu-song seo-do pan-kkae-do doae Ideushonkeshonkeshonk, meme si je perds, je casse le jeu, ca va
Et tu tapes tapes tapes tapes c'est ta façon d'aimer i-ttae tta-tta tta-tta tta geo-shyeot-ta pan-sseol-lae-mae Pendant ce temps-la, j'ai gagné Dakeoshyotapanseollaemae
Ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit sseu-ni meok-gi-do joh-a neon ssis-eot-go bu-do-na-ni C'est tellement amer que c'est facile à manger, tu laves, parce que c'est en faillite
Réveille en toi le tourbillon d'un vent de folie yae-boa-yo tto hal-la tu-gi yo-nom-bo-ni pol-li-seu Regarde ce gamin, il pourrait se remettre à spéculer, ce gars doit être de la police
"Ton coeur est un saphir de pick up" ? Les paroles de la version coréenne sont plutôt une amélioration, finalement...
Un énorme bravo à Arnaud et à Philia pour ce beau travail de reconstitution ! Que les apprentis traducteurs n'hésitent pas à utiliser la section commentaires pour finir le travail...
« Royaume ermite ! ô pays du Matin Calme ! l’aube pointe à peine sur ton territoire et déjà de tes couvents montent les prières dont cet appareil précis m'apporte le murmure. J'entends le bruissement des vestes en papier huilé des gens du peuple, l'orage des aumônes pleuvant parmi les bousculades des pauvres gens. Je t'entends aussi, cloche de bronze de Séoul. Dans ta voix on distingue la plainte d'un enfant. J'entends aussi un cortège, il suit son beau seigneur, l'Yang Ban magnifique sur sa selle. Si un jour je porte encore la pourpre pâle qui ne convient qu'à moi, le Roi-Lune, j'irai visiter ton décor et jouir de ton climat que l'on dit délicieux. »
Guillaume Apollinaire, extrait de "Le Roi-Lune", dans Le Poète Assassiné, 1916
Arnaud vient d'être papa. C'est l'occasion pour lui de découvrir, émerveillé, l'univers des bébés coréens. Layettes, jouets, accessoires, tout est subtilement exotique et nouveau.
Et notamment... les chansons pour bébés. Connaissez-vous les douces ritournelles qu'on fredonne aux bambins au Pays du Matin Calme ?
L'iPhone vient enfin d'arriver en Corée, et fait fureur. Les ventes sont parties en flèche.
Mais les utilisateurs font face un petit problème : l'hiver est glacial ici, et il est bien désagréable de devoir retirer ses gants pour utiliser le téléphone.
Qu'à cela ne tienne. Les meilleurs scientifiques du pays, toujours aussi inventifs et innovants, ont trouvé une solution : un stylet qui a la forme d'un doigt, et une composition suffisamment proche de la peau humaine pour que l'iPhone s'y trompe.
Fait remarquable, ce stylet à la pointe de la technologie a été inventé des années avant l'iPhone :
Ariane m'a envoyé cette magnifique vidéo ce matin. Patty Kim, 1967.
On ne le répètera jamais assez, la pop coréenne des années 60 et 70 regorge de véritables trésors. Les musiciens faisaient alors preuve d'un talent et d'une créativité rarement égalés depuis.
Autre star de la musique psychédélique coréenne, Kim Choo-ja. Ici, en 1972 :
Aujourd'hui, dans la Corée de 2010, si j'allume ma télé, j'ai ca :
"Nous allons obliger nos députés, et nos candidats aux prochaines élections, à utiliser les services de messagerie courte comme Twitter", a annoncé Choung Byoung-gug, le secrétaire général du GPN, le parti de la majorité. Et pour appuyer ces déclarations, chaque membre du parti a reçu un smartphone.
Députés, à vos claviers ! Un message twitter, 140 signes : la concision sera de mise...
L'opposition n'est pas en reste. Le Parti démocrate a annoncé vouloir devenir un parti "réseau", dont les membres se mettront à twitter eux-aussi. Autre idée, des "netizens" élus via internet représenteront le parti dans trois circonscriptions de Séoul lors des élections de juin.
"En restant coincés dans la vieille ère analogique, nous perdons l'intérêt du public", a rajouté Choung.
La Corée du Sud est considéré comme le pays le plus connecté du monde. Si ses hommes politiques ont décidé de se mettre aux réseaux sociaux, c'est dans le but de toucher une base électorale de plus en plus... déconnectée de la politique, justement. Les taux de participation aux élections coréennes sont toujours particulièrement bas.
La Commission électorale nationale, elle, est désemparée : il n'existe pour le moment aucune loi règlementant l'usage de ces technologies pendant une campagne électorale.
C'est l'info du jour : Les astronautes ont décidément de la chance : après que les scientifiques sud-coréens aient développé à leur intention du kimchi pouvant être envoyé dans l'espace, ce ne sont pas moins de quatre nouvelles spécialités culinaires qui viennent de recevoir l'autorisation officielle de leur servir de repas en orbite.
Les cosmonautes pourront donc bientôt goûter aux délices du bulgogi, du bibimpap, de la soupe d'algues, et du jus de mûres. Le ministère sud-coréen de l'Education, des Sciences et de la Technologie a en effet annoncé que l'Institut russe des affaires biomédicales avait approuvé l'utilisation de ces quatre plats coréens traditionnels comme nourriture pouvant être consommée dans l'espace.
L'institut russe est le seul, avec son équivalent américain de la Nasa, à pouvoir délivrer de telles autorisations. Il a reconnu que ces plats pouvaient faciliter le transit intestinal des astronautes.
Ces spécialités rejoindront ainsi au firmament les quatre mets coréens déjà autorisés, c'est-à-dire le kimchi, les ramyeons, les barres de céréales, et le punch traditionnel à la cannelle, le sujeonggwa.
Trouvée chez un bouquiniste parisien, cette vieille carte d'Asie (fin 18ème).
On remarquera que, étrangement, la seule ville indiquée est Pyongyang, rebaptisée "Pingyag". L'appellation un peu mystérieuse de "Kingkitao" indique, en fait, prononcée à la chinoise, la province du Gyeonggi-do. Province au centre de laquelle se trouve Séoul, qui était déjà la capitale à l'époque (merci à Vincent pour ses recherches).
Quant à "Chiniang", il s'agit bien sûr de la ville chinoise de Shenyang, près de la frontière sino-coréenne.
Et pour finir, vous l'avez sans doute déjà remarqué, l'élément qui fera ronronner de plaisir tous les Coréens : les Français du 18ème ne connaissaient pas la Mer du Japon... mais bien la "Mer de Corée".
Retranscription de l'interview de Shin Jung-hyun (voir post précédent)
Pourriez-vous nous raconter vos débuts, à la fin des années 50 ?
La musique coréenne de cette époque-la était très influencée par la musique japonaise, surnommée "trot", importée lors de la colonisation de la Corée. Mais lorsque j'ai commencé à jouer, dans le 8ème camp militaire américain, c'est la musique populaire coréenne que je voulais développer. Je voulais lui donner une reconnaissance internationale. C'est en gardant cette idée en tête que j'ai commencé à écrire mes chansons, qui mélangeaient au rock des éléments coréens.
Quels enseignements avez-vous tirés de votre expérience de musicien dans une base américaine ?
Les soldats adoraient le rock'n'roll, et me demandaient tous les jours de jouer des "solos de guitare". Moi à cette époque je n'avais aucune idée de ce qu'était un solo de guitare. Mais comme à chaque fois que je venais jouer dans le club les soldats me demandaient des solos, j'ai fini par aller voir le manager, pour lui demander "mais de quoi ils me parlent ?" Le directeur du club américain m'a alors tendu un 33 tours, qui contenait des solos de guitare. J'ai compris grâce à ce disque ce qu'était un solo, et dès le lendemain, au club, je m'y suis essayé. Et les soldats m'ont fait une standing ovation.
Pourriez-vous nous raconter les difficultés que vous avez rencontrées sous Park Chung-hee ? (le dictateur des années 60, 70)
Ma musique rencontrait beaucoup de succès, elle devenait très populaire. Sous le gouvernement de Park, la Maison bleue (la présidence sud-coréenne, NdT) m'a demandée de composer une chanson à la gloire du président. J'ai refusé bien sûr, je n'allais pas écrire une chanson pour un dictateur ! Après ce refus, j'ai subi des pressions de la part du gouvernement, mes chansons ont été interdites, et j'ai même été envoyé en prison.
Aujourd'hui, des décennies après ces évènements, êtes-vous encore en colère ?
Bien sûr. Sans les problèmes rencontrés à l'époque, la musique coréenne aurait continué à se développer, elle aurait pu être reconnue dans le monde entier. Aujourd'hui, quand je vois la médiocrité de la musique coréenne actuelle, je suis vraiment très en colère.